Le mot

Ce n’est pas à la maison qu’il y a des traces de toi partout.

Pas de vêtements qui gardent jalousement ton odeur, pas de photos de famille qui débordent, pas de souvenirs qui traînent dans chaque coin …

Pour nous, ce sera en mémoire … en photos … pour quelques-uns, au travail …

Ce sera aussi dans les yeux de tes enfants et de ta blonde.

Tu sais, une fois le choc passé (est-il vraiment passé ?), je t’avoue qu’on a été fâchés un peu.

Tant de questions sans réponses, tant de gestes que l’on s’explique mal. On s’est senti coupable, on s’est inventé des scénarios, on a cherché des détails. L’onde de douleur que tu as provoqué nous a tous pris par surprise.

Certains ont même creusé dans les coins les plus sombres de notre pauvre nature humaine et égocentrique … Tu sais, quand on cherche un coupable, quand on juge sans même savoir ou même pire, quand on est contaminé par ce mal qui donne envie d’en finir …

Jusqu’à aujourd’hui, je ne prononçais même pas le mot. Je le trouvais trop violent et je ne l’acceptais pas. Je pense aussi qu’il m’impliquait. Je le prenais comme un échec.

Le jour de tes funérailles, j’ai compris.

Un jour, j’ai entendu le Dr. Wayne Dyer parler de son père. Il était alcoolique et violent et il s’avère donc que son enfance en a été quelque peu troublée. Or, il ne s’en plaignait pas, car il a dit qu’il avait compris pourquoi c’est ce papa qui avait été mis sur son chemin. C’est parce qu’il lui a enseigné le pardon. Il le voyait donc maintenant comme un professeur et non plus comme un tyran.

Tu sais, entretenir de la haine, de la culpabilité et le l’amertume, c’est épuisant.

Et, à bien y penser, ce n’est pas toi tout ça.

Lorsque nous nous sommes tous réunis pour te dire un dernier au revoir, j’ai senti tout le bagage que tu nous a laissé et que l’on a partagé avec toi. On était tous là, toute la gang. Et tu sais quoi ? On n’a même pas eu besoin de se parler vraiment. Juste dans les yeux, juste quand on s’est pris dans nos bras, tout avait été dit.

Tu nous a laissé l’amitié. La vraie. Celle qui constitue ta deuxième famille. Celle qui est là quand ça ri et quand ça pleure. Celle qui est là, debout, même quand ça arrache. Tu nous a soudé, pour toujours.

Tu as laissé l’esprit de famille. Celle qui se tient. Celle qui s’appuie, épaule à épaule pour ne pas tomber. Celle qui essuie les larmes et qui reconstruit.

Et je souhaite à tous ceux qui sont touchés par ton départ que tu sois celui qui enseigne le pardon. Le vrai. Le pardon de t’aimer avec toutes tes qualités et tes défauts. Avec tes bonnes comme tes mauvaises décisions. Le pardon qui te dit tu me manques d’une façon que les mots ne peuvent décrire, mais merci d’avoir croisé mon chemin.

Aujourd’hui, j’ai le goût de mettre un peu de lumière sur la noirceur de ton suicide.

Un mal qui t’a poussé à prendre la mauvaise décision.

On aurait été là, tu sais. Pour parler, pour prendre une bière, pour faire une ride de motocross.

Je souhaite que ton geste puisse aider les autres, ceux qui pensent que c’est fini. Ceux qui pensent qu’il n’y a plus d’issue, pas d’aide … J’espère que tu veilleras sur eux aussi et que tu sauras nous aider à passer le mot. Le suicide n’est pas la bonne option.

Tu vas nous manquer pour ton sourire, ta présence réconfortante, ton oreille attentive, tes peu de mots …

On gardera de toi tout le plus beau, le meilleur, le doux.

Repose en paix et veille sur les tiens, ils en ont grandement besoin.

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One Comment Add yours

  1. Marie-Pier dit :

    Magnifique texte mon amie. Toutes mes sympathies aux amis et à la famille xxx

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